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Chantal Maatouk, la recherche partenariale comme seconde nature


Poster d‘explication de la tour sans aérosol
Contextes
Agée de 28 ans et docteur, Chantal Maatouk arrive du Liban en France le 9 janvier 2004 en vue d’effectuer son stage de fin d’études de 9 mois à l’Ecole des Mines de Paris, devenue MINES ParisTech. Attirée par la vie parisienne et décidée à poursuivre son sujet de recherche, Chantal jette finalement l’ancre. Retour sur 4 années qui lui ont permis de mener une recherche partenariale de A à Z.

Premières études au Liban

Chantal réalise l’ensemble de ses études au Liban. Titulaire d’un baccalauréat libanais, option mathématique et du baccalauréat français, elle poursuit à l’Université du Liban afin d’obtenir le diplôme d’ingénieur, spécialité mécanique. La mécanique dans son acceptation globale, c’est-à-dire un champ très large couvrant des thèmes aussi variés que l’énergétique, la thermique ou encore les matériaux.

Destination la France

Repérée et sélectionnée par l’un de ses professeurs, également enseignant à MINES ParisTech, Chantal saisit l’opportunité de venir en France pour y effectuer son stage de fin d’études.
Elle est accueillie au sein du CEP (Centre Énergétique et Procédés de MINES ParisTech) pour travailler sur un sujet en thermodynamique appliquée, lié à l’élimination des panaches issus des tours de refroidissement. Cette première expérience est très motivante et prenante puisque après une batterie de tests et d’analyses menées conjointement avec son maître de stage, Chantal propose pas moins de trois solutions en réponse à la problématique.

À l’issue de cette période, c’est la remise en cause concernant le retour au pays. Séduite par l’ambiance au sein du centre de recherche et l’indépendance d’action propre à la recherche appliquée, Chantal décide de prolonger l’expérience et embraye sur une thèse. Elle bénéficie alors d’une bourse et des services de l’EGIDE (opérateur de mobilité internationale) les deux premières années, puis d’un CFR, contrat formation à la recherche.

Etude et conception d’une tour de refroidissement sans entraînement d’aérosol

Vue latérale de la tour sans aérosols
Contextes

En pleine épidémie de légionellose dans le département du Pas-de-Calais, Chantal s’empare d’un sujet de thèse en prise avec l’actualité : concevoir une tour de refroidissement sans entraînement d’aérosol. Cause du problème : l’entraînement vésiculaire pénalise l’exploitation des tours de refroidissement malgré les hautes performances énergétiques qu’elles présentent.
En partenariat avec l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’ADEME, et le concessionnaire du réseau urbain de froid de la ville de Paris, Climespace, Chantal prend le relais en s’appuyant sur plusieurs études déjà menées au sein du centre de recherche.


Elle mène à son tour une étude expérimentale et une revue bibliographique qui montrent que la pulvérisation est l’origine de la formation de gouttes. L’impact de l’eau sur le corps d’échange et le flux d’air soufflé à contre courant contribuent à la désintégration des gouttes et leur entraînement dans l’atmosphère. Elle décide alors de fabriquer un prototype intégrant un nouveau système de refroidissement par voie humide, sans entraînement d’aérosol. Elle suit l’ensemble du processus, de sa fabrication chez le façonnier à sa mise en place sur le toit des Galeries Lafayette en avril 2005. Grâce à l’innovation apportée, Climespace peut continuer à utiliser ses tours de refroidissement. Ils aboutissent à une élimination du panache sans consommation d’énergie additionnelle et à efficacité énergétique constante, voire améliorée.
Chantal sort de cette expérience avec le sentiment du travail accompli, même si, comme elle tient à le préciser, rien n’est définitif, tout est améliorable.

Un post-doc avant le grand saut

Aujourd’hui, elle est docteur en énergétique et effectue son post-doc au sein du CEP.
Elle continue de travailler sur les tours. Cette étude est menée en vue d’une industrialisation à grande échelle. Un brevet est également déposé.

Cette expérience n’a fait que confirmer son goût pour la recherche partenariale qu’elle trouve stimulante et vivante. Chantal nous confie vivre une recherche bien loin de l’image qu’elle s’en faisait en sortant de l’université. Il n’y a point de savant fou. La recherche partenariale permet d’avancer d’avantage grâce à ses moyens en instrumentation et des financements plus conséquents qu’en recherche académique. Sans nul doute, une satisfaction de plus pour les industriels qui misent sur une recherche orientée vers leurs problématiques.

Prochaine étape pour Chantal, intégrer le milieu industriel !
07/10/2011